On ne peut pas apprendre à quelqu’un à avoir confiance en soi
Un espace de réflexion autour de la voix, de la confiance et de la présence. Articles sur le chant, la prise de parole, le regard des autres et le rapport à soi. Ici, on explore les failles, les doutes et les outils concrets pour avancer, s’exprimer librement et trouver une voix juste, au sens propre comme au figuré.
1/27/20262 min read


On entend souvent cette phrase.
« Il faut avoir confiance en soi. »
Comme si c’était une compétence.
Comme si ça s’apprenait.
Dans mon expérience, ce n’est pas vrai.
La confiance en soi ne se transmet pas.
Elle ne s’enseigne pas comme une technique.
On ne peut pas l’injecter à quelqu’un.
En revanche, on peut apprendre autre chose.
Des repères.
Des outils.
Des codes.
Et c’est là que tout change.
Beaucoup de personnes viennent me voir en pensant manquer de confiance.
Elles se décrivent comme timides.
Mal à l’aise.
Pas à leur place.
En réalité, elles savent souvent très bien ce qu’elles font.
Elles ont des compétences.
Des idées.
Une sensibilité.
Ce qui leur manque, ce n’est pas la confiance.
C’est la capacité à la montrer.
Dans notre société, on ne lit pas ce que vous ressentez.
On lit ce que vous montrez.
La posture.
La voix.
Le regard.
La façon d’entrer dans une pièce.
De saluer.
De se tenir.
De respirer avant de parler.
Tout cela envoie des signaux.
En permanence.
Et ces signaux sont souvent plus forts que les mots.
Quelqu’un peut douter intérieurement
et pourtant paraître solide, clair, posé.
À l’inverse, quelqu’un peut se sentir sûr de lui
et renvoyer de la confusion, de la tension, de l’instabilité.
La confiance n’est pas un état intérieur visible.
C’est une lecture extérieure.
C’est pour cela que mon travail ne consiste pas à dire aux gens
« Croyez en vous ».
Ça ne fonctionne pas.
Je travaille sur ce qui est observable.
Le corps.
La voix.
La présence.
Le verbal et le non-verbal.
Quand une personne apprend à poser sa voix,
à respirer correctement,
à occuper l’espace sans s’excuser,
à ralentir,
à assumer le silence,
quelque chose se transforme.
Pas parce qu’elle a soudain confiance en elle.
Mais parce qu’elle envoie d’autres signaux.
Et ces signaux changent le regard des autres.
Ce regard, en retour, renforce l’assurance.
Un cercle vertueux s’installe.
C’est souvent là que les personnes se disent
« Je me sens plus en confiance ».
Mais ce n’est pas le point de départ.
C’est la conséquence.
Que ce soit en cours de chant ou en prise de parole,
le mécanisme est le même.
Une voix qui tremble n’est pas un défaut.
Un corps tendu n’est pas une faiblesse.
Ce sont des informations.
On ne cherche pas à les masquer.
On apprend à les comprendre.
À les canaliser.
À faire avec.
Dans le théâtre, on parle souvent de rôle.
Pas au sens de jouer faux.
Mais au sens d’assumer une place.
Créer un cadre.
Une posture.
Une manière d’être au monde.
On peut douter et parler quand même.
Être sensible et rester solide.
Avoir peur et être crédible.
La confiance en soi n’est pas l’absence de faille.
C’est la capacité à avancer avec.
C’est exactement ce que je transmets.
Pas une promesse irréaliste.
Pas une posture artificielle.
Des outils concrets.
Ancrés dans le corps.
Dans la voix.
Dans la réalité.
Parce qu’au fond,
on n’a pas besoin de devenir quelqu’un d’autre.
On a surtout besoin d’arrêter de se cacher.
Nicolas Dupuis.
